Qu’est-ce que l’âme ?

Dernière mise à jour : 30 mai 2021



Une définition différente selon les peuples


L’âme, dans la religion et la philosophie, est l’aspect immatériel ou l’essence d’un être humain, ce qui lui confère son individualité et son humanité, souvent considérée comme synonyme de l’esprit ou du moi. En théologie, l’âme est davantage définie comme la partie de l’individu qui participe à sa divinité et est souvent considérée comme survivant à la mort du corps. De nombreuses cultures ont reconnu un principe incorporel de la vie ou de l’existence humaine correspondant à l’âme, et beaucoup ont attribué des âmes à tous les êtres vivants.


Il existe des preuves, même parmi les peuples préhistoriques, d’une croyance en un aspect distinct du corps et de son âme, cette entité impalpable qui y habite. Malgré la croyance répandue et de longue date en l’existence d’une âme, différentes religions et philosophes ont développé une variété de théories sur sa nature, sa relation au corps, son origine et sa mortalité.

Le concept de l’âme double

Parmi les peuples anciens, les Égyptiens et les Chinois ont conçu une double âme. Le ka égyptien (souffle) a survécu à la mort, mais est resté près du corps, tandis que le ba spirituel se dirigeait vers le royaume des morts. Les Chinois faisaient la distinction entre une âme inférieure et sensible, qui disparaît avec la mort, et un principe rationnel, le hun, qui survit à la tombe et fait l’objet du culte des ancêtres.

Une âme individuelle et éternelle ?

Dans l’hindouisme, l’atman (“souffle” ou “âme”) est le moi universel et éternel, dont chaque âme individuelle (jiva ou jiva-atman) fait partie. Le jiva-atman est également éternel mais emprisonné dans un corps terrestre à la naissance. À la mort, le jiva-atman passe dans une nouvelle existence déterminée par le karma ou les conséquences cumulatives des actions. Le cycle de la mort et de la renaissance (“samsara”) est éternel selon certains hindous, mais d’autres disent qu’il ne persiste que jusqu’à ce que l’âme ait atteint la perfection karmique, fusionnant ainsi avec l’Absolu (“brahman”).


Le bouddhisme nie le concept non seulement du moi individuel, mais aussi de l’atman, affirmant que tout sentiment d’avoir une âme individuelle éternelle ou de participer à un moi universel persistant est illusoire.

Le souffle divin

Les premiers Hébreux avaient apparemment un concept de l’âme mais ne l’ont pas séparé du corps, bien que certains érudits juifs aient développé davantage l’idée de l’âme. Les références bibliques à l’âme sont liées au concept de souffle et n’établissent aucune distinction entre l’âme éthérée et le corps matériel.


Les concepts de la Grèce Antique de l’âme variaient considérablement selon l’époque et l’école philosophique. Les épicuriens considéraient l’âme comme étant composée d’atomes comme le reste du corps. Pour les platoniciens, l’âme était une substance immatérielle et incorporelle, semblable aux dieux, mais faisant partie du monde du changement et du devenir.

La vie après la mort ?

Tout comme il y a eu différents concepts de la relation de l’âme avec le corps, il y a eu de nombreuses idées sur le moment où l’âme vient à l’existence et quand et si elle meurt. Les croyances de la Grèce Antique étaient variées et ont évolué au fil du temps.


Pythagore soutenait que l’âme était d’origine divine et existait avant et après la mort. Platon et Socrate ont également accepté l’immortalité de l’âme, tandis qu’Aristote ne considérait qu’une partie de l’âme, l’intellect, comme ayant cette qualité. Épicure croyait que le corps et l’âme se terminaient à la mort.


Les premiers philosophes chrétiens ont adopté le concept grec de l’immortalité de l’âme et ont pensé qu’elle était créée par Dieu et infusée dans le corps à la conception.

Corps et âme

Dans la théologie chrétienne, Saint Augustin parlait de l’âme comme d’un “ cavalier ” sur le corps, mettant clairement en évidence la séparation entre le matériel et l’immatériel, l’âme représentant la “ vraie ” personne. Cependant, bien que le corps et l’âme soient séparés, il n’était pas possible de concevoir une âme sans son corps.


Le concept musulman, comme le chrétien, soutient que l’âme vient à l’existence en même temps que le corps ; par la suite, il a une vie propre, son union avec le corps étant une condition temporaire.


Au Moyen Âge, Saint Thomas d’Aquin est revenu sur le concept des philosophes grecs de l’âme comme principe motivant du corps, indépendant, mais ayant besoin de la matière corporelle pour faire un individu.

La logique au service de l’illogique

À partir du 18ᵉ siècle, l’existence et la nature de l’âme et sa relation au corps ont continué à être contestées dans la philosophie occidentale.


Pour René Descartes, l’homme était une union du corps et de l’âme, chacun étant une substance distincte agissant sur l’autre ; l’âme était équivalente à l’esprit. Pour Benoît de Spinoza, le corps et l’âme formaient deux aspects d’une même réalité. Emmanuel Kant a conclu que l’âme n’était pas démontrable par la raison, bien que l’esprit doive inévitablement arriver à la conclusion que l’âme existe parce qu’une telle conclusion était nécessaire pour le développement de l’éthique et de la religion.


Et pour vous, qu’est-ce que l’âme ?


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